La peur née du bruit d’un moteur
"La saga The Texas Chain Saw Massacre naît en 1974 sous la direction de Tobe Hooper. Inspiré très librement de faits divers américains, le film original impose une horreur sèche, quasi documentaire, où la violence est plus suggérée que montrée. Leatherface y apparaît comme une figure monstrueuse mais ambiguë, prisonnière d’un environnement dégénéré et d’une famille cannibale vivant hors du monde.
Les suites des années 1980 (The Texas Chainsaw Massacre 2, Leatherface: The Texas Chainsaw Massacre III) accentuent le grotesque et le gore, s’éloignant du réalisme brutal du premier film. The Next Generation (1994) pousse encore plus loin l’étrangeté, devenant un objet marginal dans la saga.
Le remake de 2003 réinstalle Leatherface dans un cadre plus moderne, visuellement plus frontal, suivi d’un préquel en 2006 qui explore la naissance du monstre. En 2013, une nouvelle suite directe tente de relier l’histoire contemporaine au film original, tandis que Leatherface (2017) revient une fois encore sur les origines du personnage. En 2022, un nouvel épisode propose une relecture tardive, inscrivant le mythe dans l’Amérique actuelle.
Leatherface est devenu une icône de l’horreur non pas comme tueur charismatique, mais comme incarnation d’une violence rurale, familiale et sociale. Son masque de peau humaine, sa tronçonneuse et son absence quasi totale de parole en font une figure primitive, plus proche du cauchemar que du slasher classique. La saga, inégale mais persistante, a transformé ce personnage en symbole durable de l’horreur américaine, où la peur naît moins du monstre que du monde qui l’a produit."
Collection
"La collection autour de Massacre à la tronçonneuse renvoie à un mythe fondateur de l’horreur moderne. Leatherface y est présent comme une figure brute et intemporelle, symbole d’un cinéma où la peur naît de la matière, du son et d’une Amérique déviante, plus inquiétante que le monstre lui-même."